Vent, pluie, froid, sécheresse… chacun de ces éléments naturels influe sur la rivière et bouleverse la vie de ses habitants !
Même si chaque rivière à truite est un cas spécifique, en règle générale toutes connaissent des périodes de hautes eaux, souvent au printemps et en automne, et celles d’étiage, en été et en hiver. Les cours d’eau de moyennes et hautes montagnes sont de plus influencés par la fonte des neiges et les orages estivaux.
A chaque changement météorologique, la truite est obligée de changer de poste ainsi que de comportement alimentaire !
Pour espérer réussir par tous les temps, le pêcheur doit, lui aussi, faire évoluer son approche et ses techniques en fonction des conditions du moment. A l’ouverture par exemple, les températures extérieures sont faibles, le gel fréquent, les eaux froides… le vairon ou le gros lombric sont alors les plus rentables. Dès que les eaux se réchauffent, la pêche au lancer devient efficace. En revanche, après une pluie, les eaux montent et se salissent, le toc le long des berges est plus approprié…
Les crues
C’est au mois d’avril et durant les pluies automnales que se produisent les crues, capables en seulement quelques heures d’augmenter considérablement le niveau des rivières.
Au début de la montée des eaux, surtout si elle est brusque, les poissons cherchent en priorité à s’abriter des courants violents et demeurent peu mordeurs. Ils se réfugient proche des bordures, derrières les obstacles divers, dans les amortis et toutes les zones de calme. L’activité alimentaire reprend en général dès que le niveau d’eau se stabilise.
Si par contre, les eaux montent progressivement, sans obliger les truites à changer de postes, elles continuent de se nourrir normalement. En règle générale, la pêche est rarement bonne pendent la décrue ! C’est la pêche au ver, au toc ou à rouler, qui dans ces eaux teintées donne les meilleurs résultats.
La fonte des neiges
Dans les rivières d’altitude, la fonte des neiges entraîne de brusques augmentations de débit, baisse brutalement la température de l’eau et diminue le taux d’oxygène. Dans ces conditions, les truites demeurent cachées dans leur postes de repos, bouche fermée !
Selon les rivières, cette période peut durer de quelques jours, en moyenne montagne, jusque plusieurs semaines, en haute montagne. Il est malgré tout possible de réaliser quelques captures aux extrémités du jour lorsque, à cause de la baisse des températures extérieures, la neige cesse de fondre et les eaux blanches redeviennent claires.
Le vent
Il y a les bons et les mauvais vents ! Les bons, ceux du sud et de l’ouest, apportent le temps doux et pluvieux, propice aux éclosions d’insectes et donc à l’activité des poissons. Les mauvais, tels les vents du nord et de l’est, sont froids et baissent rapidement la température de l’eau. Les truites, très sensibles à ces brusques changements, stoppent alors ou ralentissent considérablement leur activité.
Mais comme toutes les règles, celles aussi ont des exceptions ! Dans certaines rivières peu exposées au vent, il est parfois possible de réaliser en début de saison de très belles pêches par vent du nord. Les eaux à cette époque sont déjà froides et ne subissent guère de changement de température, alors que le soleil qui accompagne souvent ce vent, motive les truites à sortir des caches à la recherche de nourriture.
L’étiage
Chaque été, tout particulièrement au mois d’août, de nombreuses rivières à truite sont soumises à de sévères étiages. Les eaux basses se réchauffent rapidement et l’oxygène se fait rare. Les salmonidés se concentrent dans des endroits ombragés, le long des bordures sous les frondaisons, à l’abri sous les berges ou au plus profond des fosses.
Leur activité est réduite au minimum, à l’exception de l’ombre qui parfois se nourrit tout au long de la journée. Les truites quant à elles, ne sortent de leurs repères que la nuit venue. La pêche apparaît la plus rentable tôt le matin et tard le soir. Le reste du temps, seule la technique de la surprise permet d’intéresser quelques poissons aux aguets le long des berges.